Illzach est une ville chargée d’histoire et à l’évolution passionnante.

Au fil de l’eau

« Pêcheurs de lune », tel est le surnom des Illzachois.

Mais pourquoi ce surnom ? Il provient d’une légende locale : un soir, deux hommes, ayant probablement trop bu, tentèrent d’attraper le reflet de la lune dans une flaque d’eau.

Ce nom rappelle également la place importante de l’eau dans ma commune : Ill, Doller, Quatelbach, canal du Rhône au Rhin, étang, fontaines… L’eau est omniprésente à Illzach.

La naissance d’un village

Illzach naît au 4è millénaire avant notre ère. Des agriculteurs venant des régions danubiennes établissent leur village sur le site de l’actuelle zone industrielle de Modenheim-Ile Napoléon.

Divers objets, vestiges de cette période, ont été retrouvés. Nombre d’entre eux sont visibles au Musée historique de Mulhouse. On peut notamment y admirer la collection de bijoux du Néolithique la plus complète d’Europe.

Illzach reste habitée durant l’âge du bronze et l’âge du fer (3000 à 450 avant notre ère.)

Uruncis, la Gallo-Romaine

Fragment de fresque gallo-romaine du 2ème siècle découvert à l’arrière de l’actuelle Mairie

Fragment de fresque gallo-romaine du IIème siècle découvert à l’arrière de l’actuelle mairie.

A l’époque gallo-romaine, Illzach porte le nom d’Uruncis. Ville importante, elle est mentionnée sur l’itinéraire d’Antonin (carte routière établie sous le règne de Caracalla de 211 à 217).

Sa situation, au carrefour d’importantes voies romaines, lui permet de se développer.

Mais Uruncis est aussi sur la route des grandes invasions et sera à plusieurs reprises détruite et reconstruite.

Le site est fortifié au milieu du IVè siècle après Jésus-Christ.

L’influence romaine y persiste jusqu’au VIIIè siècle,malgré la colonisation germanique.

Au temps du château

Un palais royal est mentionné à l’époque franque (835). Mais on ignore sa localisation, aucune trace n’ayant été retrouvée.

Un château est ensuite construit au XIè ou au XIIè siècle, à l’emplacement de l’actuelle résidence  » Le Cheverny « , rue de Mulhouse. Il est occupé par les « seigneurs d’Illzach« , dont la famille s’éteindra au XVè siècle.

Au début du XIVè siècle, Illzach et Modenheim, alors Mattenheim, appartiennent aux comtes de Würtenberg.

Illzach et Modenheim, village vendu à la ville de Mulhouse

En 1437, Mulhouse manque de terres cultivables pour nourrir sa population. Les frères Ulrich et Louis de Würtenberg lui vendent donc le village d’Illzach et Modenheim pour 3020 florins.

Illzach est alors rattachée à L’Empire, puis à la République hélvétique.

La commune est ravagée à plusieurs reprises :

  • par les Armagnacs en 1444
  • par Pierre de Réguisheim en 1446,
  • par les Autrichiens qui l’incendient en 1468 et en 1589
  • par les Lorrains
  • puis par la suite, par un incendie, les Suédois, les Espagnols, la peste, la famine et les soldats de l’Empire

Une commune indépendante

Illzach en 1750 (Gravure d’époque).

Illzach en 1750. Gravure d’époque.

A : Château                      B : Eglise

C : Maison curiale           D : Maison communale

En 1796, un air de révolution souffle sur la ville. Elle revendique sa réunion à la France et son indépendance vis-à-vis de Mulhouse.

En 1798, Illzach est effectivement rattachée à la République française et redevient par la même occasion une commune indépendante. Commence alors une longue période de paix et de prospérité. En effet, la ville est peu affectée  par la guerre de 1870-1871, comme en témoigne l’accroissement de sa population (882 habitants en 1802 ; 1401 habitants en 1851 et 2137 habitants en 1895).

Illzach dans la tourmente des guerres

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En 1914, Illzach subit l’une des premières attaques de l’armée allemande contre les Français. La ville sera libérée le 17 novembre 1918.

La commune continue de se développer jusqu’à la seconde guerre mondiale.

Le 18 mai 1940, les Allemands entrent à Illzach. Les juifs et les francophiles sont expulsés et leurs biens confisqués.

En novembre 1944, les troupes françaises libèrent Mulhouse et Modenheim mais les Allemands se replient à Illzach et leur résistance s’y concentre. Le village est alors bombardé 4 semaines durant. Mi-novembre, les habitants sont évacués.

Le 20 janvier 1945, le village est enfin libéré. La population civile, qui revient en février, y découvre un spectacle de désolation : le village est sinistré. Beaucoup de maisons sont détruites. On compte parmi les bâtiments endommagés la mairie, l’école, les deux églises, l’orphelinat, l’institution des aveugles.

Du village à la ville

L’après-guerre est consacré à la reconstruction.

En 1955, une nouvelle mairie est construite. La commune quadruple sa population en 20 ans. Pavillons et immeubles se multiplient dans les années 60-70. Parallèlement, des écoles, des équipements sociaux, culturels et sportifs voient le jour.

Aujourd’hui, Illzach compte près de 15 000 habitants. C’est une ville moderne, qui a néanmoins su conserver son autonomie, son âme et le souvenir de son passé. Située au carrefour d’importantes voies de communication internationales, elle a su développer son tissu économique.

La Ville accorde une place essentielle à la vie culturelle, sportive et associative. Grâce à ses nombreuses infrastructures, elle s’efforce de permettre aux uns et aux autres de se rencontrer, de s’enrichir mutuellement et de vivre des passions partagées.

Ile-Napoleon, des origines à aujourd’hui

L’île Napoléon

Ile-Napoléon en 1900

Lieu-dit s’étendant sur Illzach, Rixheim et Sausheim, il doit son nom à une petite île qui se trouvait à l’embranchement des trois tronçons du Canal du Rhône au Rhin.

Ce canal, ouvert en 1833, s’appelait à l’origine Canal de l’Est. Il a ensuite pris le nom de Napoléon sous l’Empire, puis de Canal Monsieur sous la Restauration.

L’île gênant les péniches, elle sera rasée en 1968, lors de l’aménagement du Port d’Ile Napoléon.

La tradition papetière

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Au XIXè siècle, Jean Zuber profite de la présence d’une écluse pour construire une papeterie, qui lui permettra d’approvisionner sa manufacture de papier peint (Zuber & Cie à Rixheim.)

Aujourd’hui encore, la tradition papetière d’Ile Napoléon se perpétue avec Clairefontaine-Rhodia et les Papeteries du Rhin.

Un port fluvial important

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C’est à Ile-Napoléon que se trouve le seul chantier naval encore en activité à une centaine de kilomètres à la ronde.

L’ensemble des ports de  Mulhouse-Rhin (Ottmarsheim, Huningue, Illzach) constitue le troisième port fluvial, après ceux de Paris et de Strasbourg et représente un atout économique important.

Le réseau ferré

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La ligne de chemin de fer Mulhouse-Neuenburg a été ouverte en 1878. Le trafic de marchandises est appelé à s’y développer considérablement à travers la réalisation de plates-formes multi-modales.

Depuis 2013, une liaison internationale relie Paris à Fribourg.

Le poste de transformation électrique

Le poste de transformation RTE (anciennement EDF) compte parmi les établissements anciens de Ile Napoléon. Depuis sa mise en service en 1929, il n’a cessé de se développer répondant ainsi à l’accroissement de la production électrique sur le Rhin.

Au carrefour d’importantes voies autoroutières

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Malgré toutes les infrastructures en place, le lieu de l’actuelle autoroute A36 reste longtemps une vaste étendue d’espaces agricoles. Seules constructions présentes : la cité de pavillons des établissements Zuber-Rieder et quelques logements de fonction liés au transformateur.

La réalisation de l’autoroute A36 révolutionne cet espace. Le nœud autoroutier permet de relier Ile-Napoléon à une multitudes de destinations françaises et européennes : Strasbourg, Lyon, Paris, Marseille et Nice, l’Allemagne, l’Europe du Nord, l’Espagne, la Suisse et l’Italie.

Un développement économique concerté

Dans le cadre du SIZIRM (Syndicat intercommunal pour les zones industrielles de l’agglomération mulhousienne), Mulhouse, Illzach, Sausheim, Rixheim et Riedisheim ont développé la plus importante zone d’activités économiques de l’agglomération.

Sur son territoire, la ville d’Illzach, accueille le Centre Commercial Carrefour et divers commerces alentour ainsi que de très nombreuses concessions automobiles, des commerces d’accessoires et de services automobiles et plusieurs sociétés de transport.

On y trouve également restaurants, hôtels, services, entrepôts et unités de production.

La zone d’activités de Modenheim – Ile-Napoléon génère 6000 emplois et assure l’essentiel des ressources fiscales de la ville.

Le SIZIRM a été dissous fin 2009 et ses compétences reprises par la Communauté d’Agglomération de Mulhouse (m2A).

Source : René CANDIR, Illzach, Modenheim, Ile-Napoléon. Pierres et visages d’Illzach de l’antiquité à l’après-guerre.

              Les armoiries

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Les armoiries d’Illzach comportent un fer à cheval avec quatre trous à gauche et trois seulement à droite. Selon la légende, le  forgeron d’Illzach,  appelé hors de sa forge, aurait un jour oublié de percer le huitième trou. Et la nouvelle se répandit qu’à Illzach, les fers à cheval n’ont que sept trous.

Au centre, deux croix de guerre.
Celle de gauche est la croix de guerre 1914-1918, avec la palme décernée à la commune en 1921 pour honorer les six victimes fusillées à Bourtzwiller par les allemands, dans la nuit du 14 au 15 août 1914.
A droite, la croix de guerre 1939-1945 avec une étoile d’argent décernée à la commune en 1948 pour les souffrances endurées pendant l’occupation et les neuf semaines sur la ligne du feu, ainsi que pour les dommages, les nombreuses victimes civiles et sa résistance à la germanisation.