Un passé
Histoire d'eau
L'Ill, la Doller, le Quatelbach, le canal du Rhône au Rhin, des étangs, des fontaines… à l'état naturel ou fruit du travail de l'homme, l'eau est omniprésente à Illzach.
|

|
Elle a même trouvé sa place dans l'imaginaire collectif, avec la légende des pêcheurs de lune. On raconte qu'un jour, ou plutôt un soir, trois Illzachois sortaient d'un restaurant d'Illzach. Ils avaient certainement un peu trop bu. Sur le chemin du retour, ils virent le reflet de la pleine lune dans une flaque d'eau.
|
Ils entreprirent d'attraper ce reflet, en s'aidant notamment d'un parapluie, car il avait plu cette nuit-là. Bien sûr, leur manège ne passa pas inaperçu : un passant fut témoin de cette scène pittoresque et depuis lors, on surnomma les Illzachois, les " pêcheurs de lune " !
Aux sources de l'histoire
Il n'y a pas fondation de village sans raison ; la première est souvent la présence de l'eau. Au confluent de la Doller et de l'Ill, le site présentait un contexte favorable à l'implantation humaine.
Ici, ont vécu des peuplades néolithiques. Les premiers Illzachois étaient des agriculteurs installés près des berges de ces deux rivières. Au deuxième millénaire avant notre ère, des nomades arrivèrent de contrées inconnues, amenant avec eux le gobelet campaniforme…encore une histoire d'eau !
Au gré du déplacement de l'Ill, le village change d'implantation.
En 835, un château s'élève enfin : il est pourvu de son canal privé. Des fossés remplis d'eau entourent la demeure du seigneur d'Illzach.
Cette vue de Mulhouse et de ses environs (Illzach se situe, sur cette carte, au sud-ouest de Mulhouse) montre la configuration des cours d'eau, au XVIIIème siècle. On y voit notamment le château d'Illzach, qui n'existe plus aujourd'hui, entouré par des fossés.
Plus d'infos sur l'histoire de la ville d'Illzach
Une histoire ancienne
L'histoire d'Illzach débute lorsqu'au cours du 4ème millénaire avant notre ère, des agriculteurs venant des régions danubiennes construisirent leur village constitué de grandes huttes rectangulaires, sur les berges d'un des bras de l'Ill (actuelle zone industrielle de Modenheim-Ile Napoléon).
Travaillant leurs terres, élevant leur bétail, fabriquant poteries, tissus et outils de Pierre, ils commerçaient néanmoins avec des contrées lointaines (Mer du Nord-Mer Egée) comme le prouvent les nombreuses parures en coquillages recueillies dans leurs tombes (ces parures exposées au Musée Historique de Mulhouse constituent la collection de bijoux néolithiques la plus complète d'Europe).
L'occupation humaine est permanente durant l'âge du bronze et l'âge du fer (3000 à 450 avant notre ère ) comme le prouvent les traces d'occupation qui ont été retrouvées en différents endroits de la commune.
Uruncis, la gallo-romaine
|
L'importance du site d'Illzach se confirma au cours de l'époque gallo-romaine. Mentionnée sur l'itinéraire d'Antonin (carte routière établie sous le règne de Caracalla 211-217) sous le nom d'Uruncis, cette localisation est alors au carrefour de voies romaines importantes. Cette situation stratégique permet à Uruncis de se développer et de connaître une certaine prospérité.
Mais Uruncis est aussi sur la route des grandes invasions et elle sera ainsi détruite et reconstruite à plusieurs reprises. La station est fortifiée au milieu du IVème siècle après Jésus-Christ.
Malgré la colonisation germanique, l'influence romaine y persiste jusqu'au VIIIème siècle.
|

Fragment de fresque gallo-romaine du 2è siècle découvert à l’arrière de l'actuelle Mairie
|
Au temps du château d'Illzach

Illzach en 1750 (Gravure d'époque)
A : Château, B : Eglise, C : Maison curiale, D : Maison communale
|
A l'époque franque, un document datant de 835 mentionne l'existence d'un palais royal à Illzach. Mais on ignore sa localisation, aucune trace de ce palais n'ayant été retrouvée.
Sur l'emplacement de l'actuelle résidence " Le Cheverny ", rue de Mulhouse, s'élevait un château dont la date de construction n'est pas connue (XIème-XIIème siècle). Il était occupé par les " seigneurs d'Illzach " dont la famille s'éteindra au XVème siècle. Au début du XIVème siècle, Illzach et Modenheim appartenaient aux comtes de Würtenberg.
Modenheim s'appelait alors Mattenheim : on y trouvait un moulin et l'un des rares ponts traversant l'Ill.
|
Illzach et Modenheim, village vendu à la ville de Mulhouse
En 1437, les frères Ulrich et Louis de Würtenberg vendent pour 3020 florins le village d'Illzach et Modenheim avec tous les biens et droits existants, à la ville de Mulhouse. Cette dernière avait besoin de terres cultivables pour nourrir sa population ainsi que de prés, de forêts et de sablières qui lui faisaient défaut, compte tenu de la petite taille de son territoire.
C'est en partageant le sort de la ville libre de Mulhouse, qu'Illzach fut rattachée à l'Empire, puis à la République Helvétique.
La commune située à l'extérieur de la ceinture de remparts fut ravagée et mise à sac à maintes reprises. Les Armagnacs pillèrent la localité en 1444, Pierre de Réguisheim la dévasta en 1446, les Autrichiens l'incendièrent en 1468 et en 1589, les Lorrains ravagèrent le village abandonné par ses habitants. Illzach eut à souffrir par la suite sous les coups de l'incendie, des Suédois, des Espagnols, de la peste, de la famine et des soldats de l'Empire.
Une commune indépendante

Fresque salle du Conseil Municipal
peinte par R. SCHWEITZER en 1974
En 1796, les habitants d'Illzach sont gagnés par les idées révolutionnaires : ils revendiquent tout à la fois la réunion à la France et la suppression des rapports d'allégeance qui les lient à la ville de Mulhouse.
En 1798, la République de Mulhouse se prononce pour la réunion à la France. Illzach, rattachée elle-aussi à la République Française, redevient une commune indépendante à cette occasion.
L'accroissement de la population qu'elle connut alors (1804 : 882 habitants ; 1851 : 1401 habitants ; 1895 : 2137 habitants) démontre qu'il lui fut donné de vivre une longue période de paix et de prospérité, malgré la guerre de 1870-1871 qui ne l'affecta qu'indirectement.
Illzach dans la tourmente des guerres
En 1914, Illzach subit l'une des premières attaques de l'armée allemande contre les Français. Le territoire sera libéré par les troupes françaises le 17 novembre 1918. La commune continua de se développer jusqu'à la seconde guerre mondiale.
En mai et en juin 1940, des obus tombent aux abords du village où sont cantonnées des troupes. Le 10 mai, les Allemands déclenchent leur offensive. Ils entrent à Illzach le 18 mai. Les juifs, ainsi que les familles francophiles sont expulsés et leurs biens confisqués.
En novembre 1944, les troupes françaises libèrent Mulhouse et Modenheim mais les Allemands se replient sur Illzach et leur résistance s'y concentre. Durant quatre semaines, le village fut soumis à des bombardements terrestres continuels. Des civils sont tués. Mi- novembre, les habitants sont évacués vers d'autres villages.
Le 20 janvier 1945, le village est enfin libéré, après un bombardement systématique. La population civile revient en février pour découvrir un spectacle de désolation : le village est sinistré. Beaucoup de maisons sont détruites et parmi les immeubles endommagés, on compte la mairie, l'école, les deux églises, l'orphelinat, l'institution des aveugles.
Du village à la ville
L'après-guerre est donc consacré à la reconstruction. En 1955, une nouvelle mairie est construite. La commune connaît par la suite une démographie galopante, quadruplant son nombre d'habitants en l'espace de 20 années. Pavillons et immeubles se multiplient sur le territoire dans les années 60-70. Parallèlement, des écoles, des équipements sociaux, des équipements culturels et sportifs voient le jour.
Aujourd'hui, avec près de 15 500 habitants, Illzach est devenue une ville moderne, mais a conservé son autonomie, son âme et le souvenir de son passé. Bénéficiant d'une situation privilégiée, au carrefour d'importantes voies de communication internationales, elle a su développer son tissu économique et compte plus de 6000 emplois sur son territoire.
S'appuyant sur des équipements publics de qualité, elle s'efforce de répondre aux besoins de toutes les générations et de créer les nécessaires solidarités. Elle accorde une place essentielle à la vie culturelle, sportive et associative en général afin que les uns et les autres puissent se rencontrer, s'enrichir mutuellement, vivre des passions partagées.
Les origines de l'Ile-Napoléon
|
Ce lieu-dit, que se partagent les communes d'Illzach, de Rixheim et de Sausheim, doit son nom à une petite île ronde qui se trouvait à l'embranchement des trois tronçons du Canal du Rhône au Rhin, réalisé entre 1804 et 1832.
D'abord appelé Canal de l'Est, il fut nommé Napoléon sous l'Empire, puis Canal Monsieur sous la Restauration.
La petite île mentionnée plus haut a été rasée lors de l'aménagement du Port d'Ile Napoléon en 1968, puisqu'elle constituait une gêne pour les péniches d'un gabarit de plus en plus important.
|
Ile Napoléon en 1900
|
La tradition papetière
L'existence d'une écluse incite Jean Zuber à utiliser l'énergie disponible pour construire une papeterie destinée à l'origine à fournir en papier la manufacture de papiers peints Zuber & Cie à Rixheim.
Aujourd'hui encore, la Société Clairefontaine-Rhodia d'une part, les Papeteries du Rhin d'autre part, perpétuent la tradition papetière d'Ile Napoléon.
Un port fluvial important
Le port de l'Ile-Napoléon
|
C'est là également que se trouve le seul chantier naval encore en activité, à une centaine de kilomètres à la ronde.
Le Port de l'Ile-Napoléon constitue pour la région économique de Mulhouse un atout extrêmement important. L'ensemble des Ports de Mulhouse-Rhin (Ottmarsheim, Huningue, Illzach) constitue le troisième port fluvial après ceux de Paris et de Strasbourg. Cet ensemble a reçu, en 1999, 4950 bateaux, 17 000 wagons, 80 000 camions, près de 5 millions de tonnes de marchandises livrées ou enlevées, et occupe 70 salariés.
|
A propos du réseau ferré
La ligne de chemin de fer Mulhouse-Neuenburg a été ouverte en 1878. Le trafic marchandises est appelé à s'y développer considérablement à travers la réalisation de plates-formes multi-modales.
Et il est aujourd'hui plus que probable que l'une des branches du TGV Rhin-Rhône viendra utiliser cette voie pour aller rejoindre, à Fribourg, le réseau allemand de trains à grande vitesse.
Le poste de transformation électrique
Parmi les établissements anciens de l'Ile-Napoléon, peut être cité le très important poste de transformation d' E.D.F., mis en service en 1929 et qui n'a pas cessé de se développer pour répondre aux exigences nouvelles nées notamment de l'extraordinaire accroissement de la production électrique sur le Rhin.
Au carrefour d'importantes voies autoroutières

Autoroute A36
|
Ile-Napoléon restait, cependant, malgré la ligne de chemin de fer, malgré le canal, malgré sa papeterie, son chantier naval et son unité de transformation électrique, une vaste étendue d'espaces agricoles, avec la cité de pavillons construite par les établissements Zuber-Rieder et quelques logements de fonction liés au transformateur.
La réalisation de l'autoroute A36 est venue révolutionner cet espace, et en particulier, l'exceptionnel nœud autoroutier qui permet depuis l'Ile-Napoléon, d'aller sans quitter l'autoroute, à Strasbourg et en Europe du Nord, à Lyon puis à Marseille, à Nice ou en Espagne, en Suisse puis en Italie, en Allemagne et enfin à Paris.
|
Un développement économique concerté
La volonté conjointe des Maires de Mulhouse, d'Illzach, de Sausheim, de Rixheim et de Riedisheim , a été de valoriser cet atout pour y développer la zone d'activités économiques la plus importante de l'agglomération mulhousienne, dans le cadre du SIZIRM (Syndicat intercommunal pour les zones industrielles de l'agglomération mulhousienne).
Sur le territoire d'Illzach même, ce secteur, s'étendant en partie en direction du quartier de Modenheim, a permis d'accueillir le Centre Commercial Carrefour, entouré de commerces et de services divers.
|
Sur le territoire d'Illzach même, ce secteur, s'étendant en partie en direction du quartier de Modenheim, a permis d'accueillir le Centre Commercial Carrefour, entouré de commerces et de services divers.
La zone d'activités économiques a accueilli, par ailleurs, de très nombreuses concessions automobiles ou commerces d'accessoires, ou de services liés à l'automobile, ainsi que de plusieurs sociétés de transport. Beaucoup d’autres commerces, restaurants, hôtels, services, entrepôts, unités de production ont investi la zone d'activités de Modenheim - Ile-Napoléon qui génère 6000 emplois et assure l'essentiel des ressources fiscales de la ville.
Le SIZIRM a été dissous fin 2009 et ses compétences reprises par la Communauté d'Agglomération de Mulhouse.
|

Quiétude hivernale
|
|
|